La Cerisaie - Anton Tchékhov

GRANDE SALLE
Théâtre en Liberté

Du 27/01 au 05/03/2011

Dim : 06/02 et 20/02

 

 

 

 

« Chacun d’entre nous à sa cerisaie intérieure »

 

La pièce commence par un retour, celui de Lioubov après cinq ans passés à Paris - elle trouve d'ailleurs tout le monde vieilli !  En compagnie de son frère et de quelques parents et amis, elle contemple les délicates fleurs des innombrables cerisiers de la propriété onduler doucement dans la brise, en pensant au passé. Rien ne semble avoir changé depuis l'âge d'or de son enfance. Pourtant rien n'est plus comme avant. Lioubov a dilapidé son héritage au profit d'un amant français, et la propriété ne rapporte plus autant de revenus que du temps de ses parents. Aveuglés par la nostalgie, le frère et la sœur refusent pourtant d'adapter leur chère Cerisaie aux nouvelles contraintes de ce monde moderne en pleine émergence.

 

Elle s'achève par un départ, celui de la famille au grand complet. Mais avant de déserter les lieux, tous auront dansé, chanté, joué et ri. Désespoir élégant, sautillements puérils : la légèreté, le mouvement et l'humour pour braver le déchirement. "Le dernier acte sera drôle. D'ailleurs toute la pièce est gaie et légère (…) Ma pièce n'est pas un drame, mais une comédie, et par moments même une farce". Ainsi donc, tout au long des quatre actes, on s'émeut, on rit aussi.

 

La Cerisaie… une célébration du temps, des passés et des avenirs plus ou moins illusoires que chacun emporte avec soi, un dernier hommage à la beauté vouée à disparaître, un salut à la mort qui rôde, adressé avec un certain sourire qui n'est pas seulement d'ironie - après tout, qu'y aurait-il là qu'il faille prendre au tragique ? Un poème aux reflets insaisissables, dont l'approche exige une grande délicatesse : mélancolie sans complaisance, d'une sombre légèreté, autour d'un jardin invisible et promis à la destruction..

 

Avec en fond sonore les coups de haches violents, lancinants, qui déciment les arbres de la Cerisaie, le vieil homme parcourt la maison vide. Démarche hésitante, pas lourd, silhouette ronde voûtée sur sa canne, voix cassée. On l'a oublié. Il s'allonge avec grand mal sur le seul meuble restant dans le salon, un canapé et lâche: "La vie a filé, on a comme pas vécu… Je vais m'étendre un moment… C'est que tu n'as plus de forces, il n'en reste plus, plus du tout!"

 

Quatre tranches de temps réel, faussement simples. Une par saison. La symphonie nocturne et blanche, en quatre mouvements, d’un long adieu à la Cerisaie telle que chacun l’a aimée. Pour Lioubov, elle a la grâce gratuite de l’enfance, mais c’est là que son fils s’est noyé. Pour Lopakhine, elle vaut de l’or, mais il faut la détruire à la hache. Beauté stérile ou trésor à défigurer, chacun porte en soi sa Cerisaie. Et pour tous, l’avenir s’ouvre sur les décombres de son charme.

 

Après le succès des Trois sœurs et d’Oncle Vania, Théâtre en Liberté est heureux de vous présenter cette « comédie » crépusculaire et lumineuse, le dernier chef-d’œuvre de Tchekhov.

 

Avec Delphine Bertrand, Jean-Henri Compère, Jaoued Deggouj, Dolorès Delahaut, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Bernard Marbaix, Sylvie Perederejew, Laurent Tisseyre, Hélène Theunissen

 

Nouvelle adaptation française : Jacques De Decker

Mise en scène et Scénographie : Daniel Scahaise

Costumes : Anne Compère et Costhéa

 

 

Durée du spectacle :

Horaires des spectacles :

les mardis à 19h

du me. au sa. à 20h15

Dim.: 06 et 20/02 à 16h

 


 

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